Les équipes du Cash cherchent des aides-soignants pour s'occuper des personnes précaires.

Coronavirus : branle-bas de combat au Cash de Nanterre face à l’épidémie

Considéré comme un établissement de deuxième ligne, le Centre d’accès aux soins hospitaliers (Cash), l’hôpital Max Fourestier de Nanterre accueille déjà de nombreux patients atteints ou suspectés de coronavirus. La directrice de l’établissement hospitalier, Luce Legendre nous explique les mesures mises en place au Cash pour faire face à l’épidémie.

Alors que la France entière est confinée pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus, le Covid-19, lequel a déjà infecté 10 995 personnes et tué 372 en France, les hôpitaux s’organisent de manière quasiment dédiée à l’accueil des personnes atteintes par le virus.

Contactée par téléphone, mercredi 18 mars, la directrice du Cash de Nanterre, Luce Legendre, explique comment s’organise le parcours de soins mis en place à Nanterre.

« Au niveau du CASH cela fait 3 semaines que nous travaillons à l’adaptation de l’offre de soins de manière, nous sommes considérés comme un établissement de deuxième ligne, nous ne sommes pas mobilisés sur le même type d’offres de soins, explique Luce Legendre. Nous sommes destinés à recevoir des patients Covid avérés ou des patients suspectés en attente de test qui présentent de la toux et de la fièvre. »

Pour faire face à l’épidémie, « l’hospitalisation traditionnelle a été limitée : à l’exception des consultations urgentes, tout est éteint. » Une importante partie des ressources de l’hôpital est ainsi dédiée à la gestion et la prise en charge des patients atteints par le virus.

« On a organisé l’hospitalisation en deux filières COVID : une structure qui permet de garder les patients qui présente des signes, et qui attendent des résultats, sont dans une unité neutre de huit lits, qui vient en aval des urgences », décrit ainsi la patronne du Cash.

De la suite du parcours de soin de ces patients, Luce Legendre indique que « soit leur état de santé s’améliore et dans ce cas, ils rentrent à domicile quelque soit le résultat si leur état le permet ou bien, ils sont hospitalisés. »

En cas d’hospitalisation, le patient diagnostiqué sera accueilli « dans une unité Covid avéré de 20 lits en chambre individuelle », organisation indispensable « en raison de l’existence de deux souches du virus. On réfléchit à la préparation du pic épidémique pour ouvrir une deuxième unité d’une trentaine de lits. »

Le taux d’occupation des différents services dédiés au Covid-19 est important au sein du Cash, rapporte la direction :

« Aujourd’hui [mercredi 18 mars], nous dépistons une vingtaine de personnes par jours envoyées par le Samu, puis retourne à domicile. Au sein de l’unité d’hospitalisation de 20 lits, nous avons 18 patients, à l’unité de soins continus, équipée de 12 lits, nous avons 9 patients actuellement. Dans la filière pré-Covid, nous avons 6 patients pris en charge pour 8 lits. Dans le service urgences de courte durée, l’unité de 4 lits compte 3 patients et 8 autres sont installés dans les 10 boxes dont nous disposons 10 boxes 8 patients. »

En fin de semaine dernière une vidéo captée par le personnel soignant du Cash a été virale sur Internet. Il est possible de voir deux femmes, infirmières, munies de protections et de sacs-poubelles aux pieds se plaindre des conditions de travail et du manque de personnel pour gérer au sein de l’hôpital les patients atteints du virus.

« C’est une réaction de peur, qui est valable, reconnaît la directrice du Cash. Nous sommes en pleine réorganisation des équipes médicales. Nous avons mis en place grâce à la technicienne hygiéniste et l’infectiologue, des formations rapides pour que tous le personnel soignant puisse être capable d’aider à la prise en charge des patients infectés par le virus ou suspectés de l’être. »

Munies de sacs-poubelles aux pieds, les deux infirmières dénonçaient le manque de matériel, expliquant qu’il leur était demandé de réaliser « une mission suicide ». La direction de l’hôpital explique « rassurer tous les jours son personnel en réexpliquant les règles d’hygiène et de protection de bases ».

Quant au matériel, celui-ci « ne manque pas », affirme la Luce Legendre, précisant que celui-ci « est dédié aux services prenant en charge les patients atteints du virus ou pas encore diagnostiqués demandant une hospitalisation. »

Si les chaînes d’approvisionnements sont tendues en ce moment en raison de la forte demande due à l’épidémie, la direction du Cash espère être livrée en matériel et assurer ainsi la sécurité sanitaire du personnel et des patients « d’ici la fin de semaine », sans avoir de date précise.

Mercredi 18 mars, une internaute a rapporté sur le réseau social Twitter que les deux infirmières présentes sur la vidéo tournée au sein du Cash auraient été suspendues.

Ce que dément la direction de l’hôpital de Nanterre jeudi 19 mars.

SOURCES: TR 92 / FACEBOOK / TWITTERCREDIT PHOTO : TR 92

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